Retour sur le millésime 2016

La météo durant toute l’année 2016 n’a pas toujours été simple, il s’agit même de l’opposé du millésime 2015.

Suite à un printemps très pluvieux, les vignes ont été extrêmement exposées à la pression du mildou, ce qui nous a fait redoubler de vigilance étant donné que les vignerons en agriculture n’ont pas les mêmes moyens de lutte que les vignerons conventionnels (nos produits sont dits « de contact » et viennent seulement se poser sur le feuillage ou la baie, entrainant une protection plus courte en cas de fortes pluies). Cet excès d’eau a également rendu notre entretien du sol plus difficile, auquel il faut rajouter de légers dégâts de gel sur certaines parcelles.

A partir du mois de Juin le climat s’est complètement inversé et les températures sont reparties à la hausse. Nous avons régulièrement recensé des températures de 37-38°C ajouté à une très faible pluviométrie jusqu’à mi-septembre. Ce phénomène a entrainé un blocage de maturité dans plusieurs parcelles (notamment du côté de Scherwiller et Chatenois) ainsi qu’une mauvaise levée du semis d’Avril (les semences ont été brûlées par la sécheresse). Les semis que nous réalisons dans nos vignes ont pour but d’améliorer la structure du sol et d’y apporter encore un petit plus de vie.

Les vendanges du Crémant ont débuté le 15 septembre et se sont déroulées sur deux jours alors que les vins tranquilles se faisaient attendre. Nous nous dirigions sans aucun doute sur un millésime qui allait se faire attendre, alors que les dernières années avaient été plus précoces. Nous nous sommes lancés le 27 septembre pour vendanger les cépages qui mûrissent plus rapidement. La qualité est au rendez-vous puisque les raisins cueillis étaient très sains (ce qui nous a poussés à vous proposer deux nouvelles cuvées nature avec le Frauenberg et Riesling Nature). Il aura néanmoins fallu adapter notre programme en fonction de chaque parcelle et de son état d’avancement étant donné l’hétérogénéité des maturités. Ce phénomène a fait trainer les vendanges en longueur mais le jeu en valait la chandelle.

En effet, les raisins se dégustaient très bien: avec maturité alliée à une acidité relativement prononcé qui annonce un millésime de garde.

Gustativement, les vins ont pris un certain temps à s’ouvrir. Il aura fallu attendre 8 mois d’élevage sur lies pour qu’ils veuillent bien pointer le bout de leur nez. Nous retrouvons aujourd’hui des vins complexes, avec beaucoup de matière et de fraicheur en bouche. Nul doute que ce sera bel et bien un millésime de garde.